Faut-il donner sa chance à la fusion et à ITER ?

Une manifestation contre l’installation du prototype de centrale à fusion nucléaire a eu lieu à Marseille à l’initiative du comité « sortir du nucléaire » ce dimanche 10 novembre.

Refuser le nucléaire classique peut encore se justifier face au problème des déchets radioactifs à vie longue – on affirmait que Super-Phénix permettrait de les recycler mais on ne le saura jamais, les conjonctures économique et politique des années 80 ont eu raison de ce projet.

Maintenant on s’attaque à la recherche sur la fusion nucléaire en ré-utilisant les arguments et les peurs qui ont faits la preuve de leur succès depuis Tchernobyl.

Il s’agit donc de stopper net le projet ITER – un laboratoire dont l’objectif n’est pas de produire de l’électricité mais de valider la conception d’un tokamak capable de confiner un plasma, d’y maintenir le processus de fusion pour obtenir un rendement de 1 ou mieux. C’est-à-dire savoir s’il est possible de tirer plus d’énergie du procédé qu’il n’en consomme. Ce n’est pas une centrale de production mais un outil de recherche dont les résultats permettraient d’envisager la conception d’une véritable centrale à fusion dans 50 ans (on disait déjà cela il y a 40 ans). Toutes les technologies nécessaires à ce projet ont été développé séparément dans des laboratoires du monde entier et sont prêtes à être testées ensemble sur ce prototype.

Mais la facture s’annonce très salée, alors que cet argent pourrait être mieux employé, pour un effet immédiat. Qui conteste les investissements mis dans le grand accélérateur de particule LHC (Large Hadron Collider) en construction au CERN près de Genève ? Qui peut renier la coûteuse recherche fondamentale réalisée ces dernières décennies et qui ont permis des progrès considérables aussi bien en ingénierie qu’en médecine – multiples usages des accélérateurs de particules et conception de l’IRMf ? ITER pourrait être le cadre de découverte de même envergure.

On peut reprocher le discours trop optimiste des promoteurs du projet qui l’annonce comme LA solution. Dans tous les domaines, et en science fondamentale plus qu’ailleurs, il faut vendre ses idées et ses projets pour dégager les budgets nécessaires. La question ici, est-ce que cela en vaut la chandelle ?

Scientifique dans l’âme, j’étais en faveur d’un projet comme ITER mais j’avoue que la lecture du journal ITER m’a convaincu que cet argent public serait bien mieux employé tout de suite dans la réfection des immeubles anciens pour éviter les déperditions énergétiques, l’incitation aux énergies renouvelables pour le chauffage et l’électricité. Dans l’autre camps aussi, le discours est alarmiste ! Là encore, il s’agit de capter les capitaux avec un discours tranché. Le débat sur les énergies manque vraiment de sérénité.

Finalement, on devrait commencer par éteindre la lumière et tous les équipements électriques et informatiques non-indispensables à notre survie à commencer par Internet tout entier !

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